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Forum de RP basé sur l'univers de l'oeuvre de George R.R. Martin A song of ice and fire et de sa série télévisée Game of Thrones.
 
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obedience is an act of faith; disobedience is the result of unbelief. /ot

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Dim 21 Oct - 11:25

ORIANE TULLY.
"une faucon au coeur de lionne sous un manteau d'écailles."

Personnage
Nom : Oriane assonance douce et mélodieuse aux vestiges du passé effacés par les eaux troubles du temps, des lettres qui se détachent des bouches carmines et des lèvres asséchées. Identité authentique pour un visage angélique baigné par les lumières célestes dans un rôle d'imposteur. Arryn lignée bénie des cieux mais le diable qui se cache dans la pénombre, les lettres argentées encrées sur sa peau lunaire, marquées au fer rouge, trace indélébile et la mission salvatrice réussie. L'âme égarée le long d'un chemin sans fin est aujourd'hui l'enfant-princesse d'un trône qui n'est pas sien. Tully partout, de la grande mer à la plus insignifiante rivière, ils sont la tête du Trident inégalable dans leur fidélité, la Harpie du Val à pris son envol pour se retrouver dans les bras de Viktor Tully.

Sexe : Une femme dans la plus belle et douce de ses formes mais qui n'obéit qu'à ses propres ordres.

Âge : Trente-trois lunes constellées sur sa peau argentée et  l'éternel syndrome de l'obsession lunaire qui s'accroche à son cœur crépusculaire mais aux cellules grises inondés par des rêves éphémères. L'élixir de jeunesse toujours en sa possession, gamine qui craint le monde mais qui l'épouse sans réfléchir. les idées neuves, pleines de niaiseries et les yeux encore remplis de la couleur divine des cieux orangés. Les Eyriés seuls ses progéniteurs détiennent la clé de son existence, l'enfant qu'elle pourrait prétendre être. Malheureusement ils se sont évaporés à jamais. Elle n'appartient plus qu'au monde, fille du ciel et de la lune.

Royaume : Le Conflans là où le vent l'emporte, là où sa famille se trouve, elle n'est jamais loin d'eux, ils ne sont jamais loin d'elle.

Titre/Ordre/Association : Dame de Vivesaigues et de la maison Tully, Suzeraine du Conflans depuis son mariage avec Viktor Tully. On la surnomme « La Faucon Argentée » ou bien « La Faucon Écailleuse » en référence à son adoption des armoiries à l’effigie de la truite opaline de la famille Tully.

Personnalité : Elle semble suivre la discipline comme une bonne étoile dans chaque chose qu’elle entreprend. Méthodique et attentive en ses gestes comme en ses paroles, elle parvient à saisir les filaments de la confiance en feignant la froideur et la neutralité, la rigoureuse et scientifique application des protocoles. Le temps lui a appris que les passions effraient plus qu’elles n’apaisent. Elle brode donc les mensonges par omission pour maquiller ses frénésies sans aucune forme de repentance lorsque cela lui est propice ou inéluctable. Sa voix claire se fait porteuse d’énigmes concises, de paroles sibyllines et évasives, et s’applique à ne rien révéler qui ne soit strictement nécessaire. C’est un rude hiver qui sévit en ses dires et en ses actions. Insensible et exigeante, la bienveillance et la compassion ne sont en elle aucunement cousues, n’y ayant jamais séjourné bien longtemps.

Difficile alors de croire en l’enfer qui se consume derrière le voile morose de ses yeux et en dépit de son apparente sérénité. La raison et la folie lui sont en rapport intime l’une avec l’autre, toutes deux effleurant de leurs lèvres létales son front fiévreux, geôlières et rédemptrices faisant peu de cas de ses protestations silencieuses. Qu’elles aient été instillées en elle par son essence ou bien par son existence, sous ces traits austères et maniérés elles font d’elle une infusion d’amertume et de lypémanie, enfiellant peu à peu ses états d’âme. Elle les adule, pourtant, de tout son être, aussi opiniâtres et despotes soient-elles, leurs lames redoutables crucifiant les minces fils de sa destinée. Elle les dresse en idoles, serait bien en peine de se passer de la première et de renoncer aux sources de l’autre.

Son zèle et son égarement seraient assez pesants pour que l’on puisse la surprendre à creuser son sein, déchirant la peau, brisant ses côtes, à la recherche de son propre palpitant. L’on pourrait tisser une toile de ses apnées sentimentales; on l’y verrait trafiquer un feu fervent derrière vos vertèbres, s’amarrer à vos omoplates tel un voilier sinistré, déposer et border ses songes sanglants au creux de vos clavicules, si cela ne revenait à calquer sa mort sur la vôtre. On la sertirait d’un halo qu’elle répudierait aussitôt, peu soucieuse d’obtenir le pardon qu’elle-même, quoique peu vindicative, se refuse à accorder à quiconque lui cause du tort.

Oriane se plairait à avancer que plus rien ne l’étonne ou n’attise sa convoitise, la vérité étant que des années d’isolement l’ont privée de bien des charmes et merveilles, que sa curiosité n’est en rien assouvie. Les bras ballants, grisée par la vie lorsqu’elle s’irise sous ses yeux sculptés pour l’aimer, elle et l’empyrée. Également ivre de ces mêmes pouvoirs qui l’enveniment, les doigts et ongles effilés de sa psyché, rongés par le désir, agrippent âprement l’objet de son caprice; chair, métal précieux. Ils les lacèrent pour en choyer la gueule béante qu’est son envie, fournaise délirante dont ils attisent les braises. Voilà toute une gravité sidérale pesant sur une silhouette pourtant fluette et insignifiante, a priori peu apte à lui faire front et avançant, à pas qui se veulent tranquilles, vers sa propre perdition.

Si les sept bénéficient d’une part de sa créance. Elle se défie en outre des nouvelles déités qui, à ses yeux, usurpent leurs prédécesseurs et abusent de la crédulité des mortels pour leur propre et unique lucre.

Physique : Les lustres ont mêlé la teinte de la circonspection aux pigments verts et dorés de ses iris dont les artifices, enchanteurs, tendent à poudrer jusqu’à la plus nocive de ses pensées. La force en est fabulatrice et impénitente, aspirant à charmer pour enliser l’entendement des plus sombres desseins animant la délictueuse. Si à l’envers du décor le tumulte règne en maître incontesté, ces yeux révolus ne sont empreints d’aucune sorte de confession ni de résipiscence et se veulent être fidèles et imperturbables gardiens des dédales de son esprit. Ils n’écorchent en rien la liberté de s’y dérober, ne cherchent aucunement à pourchasser les regards fugitifs, eux-mêmes peu exempts de lâchetés et soucieux de ne pas être à leur tour cibles de représailles désarmantes.

Pour autrui, ils ne sont ni plus ni moins que le reflet du monde et de ce qu’ils observent, se déposant sereinement, quoique simples visiteurs éphémères, sur toute chose. Jamais rien ne semble les captiver bien longtemps et lorsqu’enfin le regard suspend sa course minutieuse, c’est le vide qui en est le ravisseur, l’absence se lisant dans les tissus iriens, aussi interdits qu’un océan éteint tandis que sa conscience visite l’ailleurs.

Les arcs onctueux de ses sourcils et l’ombre exubérante de ses rivages ciliaires dulcifient encore ses traits, les assortissant par moments de bémols las et mélancoliques à l’insu de son regard taciturne. De larges cernes bordent ses prunelles de leur spectre violacé tandis que sa peau est diaphane partout ailleurs. Des mèches éparses de cheveux noires viennent effleurer les confins graciles et émaciés de son visage et deux oreilles un rien décollées avant de se faire fleuve jeté dans l'estuaire trop chétif de ses omoplates. Parfois elle les laissent s'aventurer dans son dos, le drapé de ses vêtements dévoilant des bribes de sa nuque et de son dos.

Celles-ci ne laissent paraître que de minces lèvres qu’on trouvera réduites en charpie si l’on y regarde de plus près.Économe en sourires, ceux-ci sont davantage manifestés par ses yeux que par ses lèvres éraflées. Et lorsqu’ils se traduisent effectivement par un haussement des commissures de ses lèvres, ils restent équivoques et chargés de mystère, alarmants presque.

Quant à ses mains, elles pourraient tout autant avoir été baignées dans les eaux glaciales d’un lac gelé lorsque, vous effleurant, elles glacent votre peau. Ses veines, d’un bleu incisif, courent sous la membrane de minces poignets parfois sertis de bracelets délicats. Oriane n’est d’ailleurs pas insensible à l’attrait des bijoux, se parant elle-même les cheveux de cercles, quoique discrets, d’or ou d’argent, et de jolies chaînes de main qui apportent un semblant de couleur à une peau trop pâle pour être qualifiée d’enviable. La démarche est légère, et elle semble si fluette lorsqu’elle foule les distances, que ce soit en selle ou à pieds. Pourtant, lorsque ses traits sont découverts, on lui trouvera un port de tête altier, son menton lui conférant un air de noblesse qu’on pourrait bien assimiler à de l’orgueil sans craindre de la calomnier.

Crédit Avatar: Azzura.

Pouvoir: Aucun.

Relations : Oriane est la dernière enfant et l'unique fille de feu Lord Thoedan Arryn et de Lady Ashara Arryn, née Royce. Benjamine d'une fratrie de quatre, elle est la soeur cadette de Lord Medrawt Arryn, actuel Suzerain du Val D'arryn, de Lord Edric Arryn et de Lord Jasper Arryn. Bien que très proche de ses trois frères –Edric ayant néanmoins sa préférence, c'est cependant à sa tante Lady Tess Arryn, la soeur de son père, que Oriane ressemble le plus et avec laquelle elle se sent le plus à l'aise. Les deux femmes disposent toutes d’eux d’un fort tempérament et Oriane a pu compter sur le soutien de sa tante, une fois retournée aux Eyriés, dans son opposition à l’éducation étouffante de sa mère, Lady Kyra.

Depuis son mariage en l'an 235 avec Lord Viktor Tully, Oriane est devenue la mère de deux charmants garçon et d'une fille unique. Le première enfant du couple est né en l'an 240, 5 ans après leur mariage, l'héritier du Conflans hérite du nom de Martyn, le second enfant né deux ans plus tard que son aîné lui en hommage au père d'Oriane fût nommé Thoedan. La seule et unique fille de la famille, choyer par son père comme par son père, la parfaite incarnation de la beauté du Conflans elle fût nommé Johanna.

Histoire :
I. Les vents des Eyriés


« Edric tu as promis, et un Lord ne rompt jamais sa promesse ! » S’exclama Oriane d’une voix légèrement boudeuse, fronçant les sourcils tout en gratifiant son aîné d’un regard sombre.

Un profond soupir s’échappa de la bouche de ce dernier, tandis que les paroles de sa cadette résonnaient dans l’une des petites cours du château où ils s’étaient réfugiés, à l’abri des regards les plus curieux.

« Je sais très bien ce que j’ai promis, et c’était une mauvaise idée. » Gronda Edric, ignorant le regard d’orage d’Oriane pour poser un œil sur l’épée en bois qu’il tenait d’une poigne hésitante. « Les armes ne sont pas faites pour les dames, et tu le sais très bien ! »

« Les armes ne sont pas faites pour les dames ! » Le singea Oriane, tout en levant les yeux au ciel. « L’on croirait entendre Mère ! »
Un nouveau grondement s’échappa de la bouche du jeune Faucon, qui gonfla les joues avant de souffler bruyamment. Dans quel pétrin s’était-il fourré ? S’il avait été en premier instant ravi que sa benjamine le sollicite pour lui apprendre les arts de la guerre, y voyant-là une reconnaissance de son talent qui ne demandait qu’à grandir, il avait vite déchanté en réalisant les implications de cette promesse à laquelle il ne pouvait définitivement pas se dérober. Ne serait-ce que parce qu’il préférait encore subir le courroux de ses parents que celui de sa petite sœur au caractère trop bien trempée et de l’entendre lui rabâcher le restant de ses jours qu’il n’était qu’un pleutre et un menteur.

« Père serait furieux s’il savait ! » Lança-t-il d’une voix bravache, dans une ultime tentative de dissuader sa sœur de participer à leur leçon improvisée.

« Aussi haut que l'honneur ! » Tonna Oriane d’une voix grave en guise de réponse, cherchant à imiter l’ire paternelle alors que, d’un coup de son arme d’entraînement, elle porta une subite estocade à l’épaule de son aîné. Déstabilisé par le coup auquel il ne s’attendait pas, le jeune homme chancela avant de tomber en plein sur son séant, sous les yeux écarquillés de sa cadette, qui porta la main à sa bouche autant par surprise que pour réprimer le rire qui commençait à faire trembler ses solides épaules. Passé l’étonnement de la chute, les yeux d’Edric s’écarquillèrent à son tour avant de se voiler d’une lueur vengeresse, qui n’échappa à Oriane.

« Maudite, tu vas voir ! » S’écria-t-il à son tour, se relevant prestement pour se saisir de son arme avant de se jeter à la poursuite de sa benjamine, qui détalait déjà en direction des remparts qui bordaient les Eyriés, secouée d’un rire moqueur et enfantin. Il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour rattraper cette dernière, qui, bien que plus petite et plus agile, ne bénéficiait cependant pas de la rapidité que les grandes jambes d’Edric lui prodiguaient.

« Grâce, grâce ! » Implora-t-elle, les joues inondées de larmes de rire, cherchant maladroitement à parer les coups vengeurs qu’Edric cherchait à lui porter.

« A genoux manante ! » S’exclama-t-il, les joues à la fois rougies par la honte et l’hilarité que lui inspirait sa propre chute, profitant d’une faille dans la défense d’Oriane pour la jeter à son tour à terre et prendre sa revanche.

***

Elle était née princesse sans en porter le titre, dernière enfant du couple suzerain du Val d'Arryn, unique fille d’une mère perdue au milieu d’un monde d’hommes et de faucon. Kyra l’avait espérée raffinée, délicate, pourvue de la beauté et de la noblesse des siens, un trésor forgé à son image qu’elle pourrait chérir de tout son cœur. Destinée à union prestigieuse et à un destin à la hauteur de la réputation de sa famille, Oriane avait de ce fait bénéficié de la meilleure éducation qu’une fille de suzerain puisse avoir : chant, danse, lecture, broderie, rien n’avait été laissé au hasard. Toutes ces activités qu’elle abhorrait et auxquelles elle tentait d’échapper dès que possible, si ce n’était peut-être la danse, qui tendait généralement à canaliser le trop-plein d’énergie dont la dernière-née des Arryn faisait preuve. Elle y faisait d’ailleurs preuve de la même grâce et de la même souplesse que lorsqu’elle montait à cheval, à une chose près que seule l’une de ces activités trouvait grâce aux yeux de sa mère. Combien de fois s’était-elle heurtée à cette dernière, trop cajoleuse, trop protectrice, qui s’obstinait à la voir comme une petite chose fragile et précieuse qu’elle se devait de sauvegarder au mieux des épreuves de ce monde. Etouffée par le carcan maternel, Oriane trouva bien vite mille et une ruses pour échapper dès que possible à cette dernière, souvent couverte par ses aînés et notamment par le cadet, Edric.

De ses trois frères, Edricest son préféré : Medrawt est trop vieux, trop occupé par ses devoirs de futur dirigeant des Eyriés, trop occupé à courir la gueuse ; Jasper est trop timide, trop peu sûr de lui, trop taciturne. Edric a ce rire franc, communicatif qui a le don de la faire rire à son tour, et inversement ; c’est Edric qui lui a appris –après de maintes supplications- à se battre, bien qu’elle n’arrive pas à la cheville de ce dernier. Elle se rappelle être revenue marbrée de bleus le jour de sa première leçon, puis le lendemain, et le suivant encore, priant pour que personne, et surtout pas leur mère ne s’aperçoive de leur présence indésirable sur son corps qui se devait d’être si parfait et intact. Elle avait prétexté une chute de cheval une fois, ce qui n’avait pas vraiment suscité meilleure réaction de la part de sa génitrice, qui n’avait pas manqué de souligner une fois de plus combien dangereuses les chevauchées pouvaient être. Et qu’elle insistait pour que ces dernières ne soient qu’occasionnelles, sa seule et unique fille ayant déjà fait ses preuves quant à ses qualités de cavalière. « Inutile de courir davantage de risques ». Avait-elle argué en pinçant les lèvres, visiblement mécontente de l’absence de réaction de la part de son mari quant à l’attitude de leur benjamine.

« Elle montera à cheval si elle le désire. » Avait finalement répliqué son père, Lord Theodan, balayant d’un vague geste de la main les protestations qui s’apprêtaient à franchir les lèvres de sa femme. Et si Oriane avait humblement baissé la tête à ces paroles, elle n’avait pu retenir le sourire triomphant qui avait légèrement étiré ses lèvres fines. Son père s’était toujours montré de son côté. Permissif, trop permissif peut-être envers cette benjamine dont il n’avait de toutes manières pas écopé de l’éducation.

Elle ne se souvient plus exactement de quel âge elle avait, ni de combien de temps s’était écoulé avant que Theodan n’ait vent de ses « exploits militaires ». Elle se souvient cependant très bien du jour où elle s’était subitement aperçue de la présence de ce dernier, les observant depuis un coin de la cour où Edric et elle avaient pris l’habitude de s’entraîner ; déconcentrée par cette découverte, ce fut avec justesse et agilité qu’elle eut à peine le temps de parer le coup que son frère avait profité pour lui porter, évitant de justesse le choc entre son épaule et la lame d’entraînement. Elle avait alors surpris un sourire de discrète mais sincère satisfaction sur le visage buriné de son père, qui avait doucement hoché la tête alors qu’elle esquissait une gracieuse révérence, épée en main. Fille du Val elle était, impétueuse et tumultueuse, farouche et indomptable, à l’image du Faucon de la maison Arryn. Et lui tout comme elle savait que là était sa place, et nulle part ailleurs.


II. Le grondement du ciel


La nouvelle est comme un coup de tonnerre dans le ciel jusque-là sans nuage de la fille du Seigneur des Eyriés. Lancée sans plus de cérémonie par son père lors d’un de ces dîners qui ressemblait pourtant à tous les autres. Edric plaisantait joyeusement avec Medrawt, tandis que Jasper, assis à côté de leur Mère, se contentait d’écouter silencieusement les échanges de ses deux aînés auquel Oriane se mêlait parfois, gratifiant les deux jeunes hommes de quelques remarques taquines sur leurs dernières performances à l’entraînement. Theodan avait subitement interrompu la discussion en se redressant dans son siège et en s’éclaircissant la voix, chose qu’il ne faisait que rarement, lorsqu’il avait quelque chose d’important à annoncer. Tous s’étaient alors tus, attendant ce que le Lord Suzerain de la maison avait à annoncer.

D’un geste furieux, Oriane envoya un vase valser à terre, continuant de tempêter et d’arpenter la pièce fermée à double-tour alors qu’elle ne décolérait pas de l’affront qui lui avait été fait.

Personne ne lui avait demandé son avis, pas même son père, son père chéri, son père adulé qu’à ce moment précis elle détestait de toute son âme, de tout son cœur qui hurlait à la trahison. Personne n’avait jugé bon de l’informer de ce qui se tramait, jusqu’au moment où tous seraient sûrs qu’il serait impossible de revenir en arrière. Elle se sentait si trahie, si bafouée, si…

« LAISSEZ-MOI ! » Vociféra-t-elle, alors que l’on frappait doucement à la porte de sa chambre, jetant furieusement l’un des nombreux coussins recouvrant sa couche en direction de cette dernière.

« Oriane, c’est moi. »

Reconnaissant la voix douce qui perçait à travers le panneau de bois, Oriane retint sa respiration. Essuyant rageusement les larmes qui continuaient cependant à couler sur ses joues déjà rougies, elle mit un certain temps à tenter de se calmer et de reprendre son souffle avant de se diriger vers la porte de sa chambre. Pivotant lentement sur ses gonds, cette dernière s’ouvrit dans un grincement pour dévoiler le visage opalin de Tess Arryn, face à laquelle Oriane recula pour la laisser entrer dans la pièce. Les grands yeux sombres de la Faucon Noire se fixèrent quelques secondes sur les débris du vase qui gisaient sur le tapis richement brodé, avant de venir se poser sur le visage aux yeux gonflés et rougis par les pleurs de sa nièce.

« Ma pauvre enfant... » Déclara-t-elle doucement.

Elle avait envie de crier, de lui hurler que non, elle n’était plus une enfant, ou que c’était du moins ce que père avait décrété en décidant de la fiancer sans son consentement au dernier des inconnus. Un inconnu qui n’était pas même héritier d’une grande maison : Viktor Tully. Elle avait envie de vomir. Au lieu de cela, elle se laissa tomber dans les bras de sa tante, qui accueillit avec douceur le corps gracieux et secoué de sanglots. Et Oriane se mit à pleurer de tout son saoul : elle pleura, pleura sur la cruauté du destin et de son père, sur la traîtrise de ce dernier, pleura sur sa naïveté et sa stupidité qui lui avaient fait croire qu’elle resterait ici à tout jamais et échapperait à ce devoir conjugal que Kyra lui avait parfois mentionné au cours de leurs échanges dont elle n’écoutait souvent pas grand-chose. Lui laissant le temps de se calmer, Tess Arryn attendit calmement que les sanglots de sa nièce s’apaisent avant de l’attirer lentement vers deux des fauteuils qui ornaient la chambre d’Oriane. Reniflant discrètement derrière le mouchoir brodé que sa tante venait de lui tendre, la jeune biche inspira profondément avant de lâcher d’une voix d’outre-tombe :

« Je ne veux pas l’épouser. »

Un sourire de compassion vint orner le visage noble de Tess, dont le regard perçant se teinta d’une pointe de tristesse, l’espace d’un instant, tandis qu’Oriane relevait les yeux vers elle pour la dévisager.
Tess Arryn était celle qui s’était le plus rapproché de ce que pouvait être une mère pour elle. Celle qui avait recueilli ses rêves et ses secrets, ses peines et ses espoirs. Celle qui n’avait pas hésité à la prendre sous son aile et lui partager ses conseils de femme rodée par la vie. Celle qui avait pris le risque d’assumer ses leçons de broderies, que ô combien Oriane détestait, pour les transformer en cours d’initiation à la politique et au protocole. Si Tess était loin d’avoir bénéficié de l’éducation de son frère dans son domaine, elle en conservait cependant une certaine expérience acquise au cours de longues années passées à évoluer dans ce monde où la vivacité d’esprit était l’un des plus grands atouts. Et de l’esprit, Tess Arryn n’en manquait pas : sage et cultivée, elle avait toujours été franche à l’égard de sa nièce, cette franchise que Kyra avait préféré déléguer, optant pour une attitude douce et maternante vis-à-vis de cette enfant qu’elle savait qu’elle verrait un jour partir.

Et c’était de cette même franchise dont sa tante faisait preuve à cet instant présent, lui empoignant doucement mais fermement les mains pour l’empêcher de se dérober, alors qu’elle plongeait ses deux prunelles d’obsidienne dans les yeux rougis et furieux d’Oriane :

« Et qu’aurais-tu préféré ma douce, dis-le-moi ? »

La question prit Oriane de court, qui se contentant de dévisager Tess d’un regard à la fois étonné et furibond, comme si elle se retenait de lui cracher la vérité au visage : ce qu’elle aurait préféré ? Demeurer aux Eyriés bien évidemment ! Devançant les protestations de sa nièce, Tess Arryn reprit calmement la parole, ses mains tenant toujours celles d’Oriane serrées dans les siennes.

« L’on dit que Lord Tully est un homme charmant, doux et avenant et que sa bonté n’a d’égales que son courage et son agilité au combat ; aurais-tu préféré te retrouver l’épouse d’un vieux rustre à qui il manque la moitié de ses dents, déjà par trois fois marié dans le passé ? »

Elle forçait volontairement le trait, et toutes deux le savaient pertinemment : néanmoins Oriane savait que les paroles de sa tante vibraient d’une vérité dont elle avait d’ailleurs été témoin l’année précédente. L’une de ses dames de compagnie avait été rappelée dans sa maison pour les besoins d’une alliance avec une des grandes maisons du Val, qui devait se conclure bien évidemment par un mariage. L’on murmurait que le fiancé avait le double de l’âge de sa promise, et elle se souvient encore des pleurs déchirants de la pauvre Deana lorsqu’elle avait appris la nouvelle, peu avant qu’elle retourne dans son fief pour la cérémonie.

Elle savait que Tess avait raison, tout comme elle savait pertinemment, au fond d’elle-même, que son père s’était efforcé de faire le meilleur choix possible pour son avenir. Un choix en sommes toutes logiques, et qui ne l’étonnait finalement pas tant que ça, à y réfléchir avec un peu de recul. Soupirant lentement tout en essayant de se faire à une évidence inéluctable contre laquelle elle refusait encore d’abandonner la lutte, Oriane ferma les yeux, encore tremblante de colère et de chagrin. Face à elle, sa tante reprit calmement la parole, scrutant attentivement les réactions de sa nièce :

« Nous les femmes sommes apparemment nées pour souffrir. Destinées dès notre plus jeune âge à quitter les nôtres pour une famille qui nous est bien souvent inconnue, voire même hostile, pour ensuite enfanter dans la douleur tout en vivant avec la menace de voir un jour notre époux partir au combat pour ne jamais en revenir. Je n’ai pas vécu ces épreuves, mais je connais la souffrance de la séparation, l’angoisse de l’inconnu, la haine de sa belle-famille. Je les aie vécues Oriane, mieux que quiconque, et ton père en a été témoin. Et je t’assure que jamais, jamais Theodan n’aurait toléré que tu vives la même chose que moi et que l’on te fasse subir les mêmes affronts que ceux que j’ai eu à essuyer. Je peux te le jurer sur les Sept, tout comme je peux te jurer que ton père t’aime de tout son cœur et qu’il ne veut que ton bonheur. »

Reprenant son souffle, la Faucon Noire sourit doucement à sa nièce, dont elle essuya une larme coulant sur sa joue du revers de son pouce.

« Le bonheur, c’est tout ce que je te souhaite ma très chère Oriane. Je te souhaite de trouver ta place au sein d’une famille qui t’aimera comme si tu en avais toujours fait partie. Je suis sûre que Viktor Tully te traitera avec toute la bonté et le respect que tu mérites, et qu’il saura se montrer digne du choix de ton père. Mais n’oublie jamais ce que je t’ai enseigné. N’oublie jamais qui dirige réellement nos maisons, qui dirige réellement ce monde : les femmes. Et en tant que femme, tu as désormais également ce pouvoir entre les mains Oriane. A toi de décider ce que tu veux en faire, et quel profit tu veux tirer de la situation. »

Se relevant gracieusement, Tess Arryn rejeta sa lourde chevelure sombre dans son dos, faisant clinquer ses pendants d’oreilles en or ciselé, avant de se pencher pour embrasser le front de sa nièce :

« Tu es la seule décisionnaire de ton bonheur Oriane. » Lui chuchota-t-elle doucement, le regard empreint de tendresse. « Trouve-le d’abord en toi-même avant de le chercher chez les autres. Ils te le rendront au centuple. »

Toujours assise face au fauteuil désormais vide, la jeune femme sentit soudainement la main de la Faucon Noire se glisser dans la sienne pour y déposer un petit objet en métal encore chaud.

« Je serai toujours avec toi ma chère nièce. » Lui sourit tendrement cette dernière alors qu’Oriane l’interrogeait du regard, avant de tourner lentement les talons pour quitter la chambre de la jeune biche.

Lorsqu’elle ouvrit la main, ce fut un triste sourire qui vint illuminer le visage d’Oriane au travers de ses larmes alors qu’entre ses doigts reposait le médaillon finement ouvragé et gravé à l’effigie du Faucon des Arryn qu’elle avait toujours vu sa tante arborer fièrement jusqu’à ce jour. Ravalant ses pleurs, la benjamine des Arryn essuya ses dernières larmes du revers de la main et redressa courageusement la tête, se jurant qu’elle ferait honneur à sa famille.


Code : Ourson chocolaté.

Joueur
Nom : Autumnleaves.

Sexe : Femme.

Âge : Dix-neuf années.

Pays d'origine : Île de Saint-Martin.

À quel point connais-tu GOT : J'ai regarder la série et décortiquer chacun des livres jusqu'à la dernière page.

De quelle façon as-tu connu le forum : Via l'annuaire bazzart.

Un peu plus sur toi : Je fais des études d'histoire et je voyage beaucoup alors je risque de peupler le forum de mes absences. Vous êtes prévenu. cheers

Invité
Anonymous
Invité
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Dim 21 Oct - 17:45
C'est la troisième fois qu'on te banne, il serait peut-être temps que tu arrêtes, tu ne crois pas ?

http://www.pinnedundertheweight.com/t3285-milles-reves-en-moi-font-de-douces-brulures-aliya
http://www.aftertheconquest.com/t3314-oriane-tully-une-biche-au-coeur-de-lionne-sous-un-manteau-d-ecailles

Ta présentation est un beau copié/collé de celles là. Étrangement, la description des joueurs ne correspond en rien à la tienne... Et ne vient pas nous dire que c'est toi qui a été plagié, tu nous la déjà sortie cette excuse.

Ne t'en fais pas, on fera en sorte que ça se sache un peu partout sur les forums de Forumactifs, déjà en propageant la nouvelle sur les forums de GOT, en commençant par After the conquest... mais oups, je crois que tu y as aussi une présentation en cours, n'est-ce-pas ?

Ne t'avise pas de te réinscrire. C'est le dernier avertissement. La prochaine fois, tu auras une plainte en règle chez Forumactif, afin qu'ils te bannent une bonne fois pour toute de leurs serveurs !
Daeyna Targaryen
Daeyna Targaryen
Fondatrice
♔ Princesse des Sept Couronne
♔ Fondatrice ♔ Princesse des Sept Couronne
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